Poésie — Lettre au gouvernement

Dans le cadre du concours de poésie 2018, nous publions les différentes créations des élèves. La thématique retenue cette année : « Révolte et liberté ». Plusieurs poèmes ont été primés. Nous avons attribué des noms de poètes aux prix décernés en fonction de l’idée ou de la stylistique du poème proposé.


Lettre au gouvernement

 

Lettre au gouvernement

A tous ces impassibles dirigeants

Qui regardent aveuglément

Et attendent depuis bien trop longtemps

Mais jusqu’où devraient-ils aller

Pour qu’enfin vous daigniez vous sentir concernés ?

L’avenir de milliers de personnes est en jeu

Et je lis de l’indifférence dans vos yeux !

Ne voyez-vous pas qu’avec le temps

La situation va en s’aggravant ?

La Libye se noie petit à petit

Sous un flot de violence inouïe

Sous une vague d’horreur et d’effroi

Et aujourd’hui l’esclavage a repris ses droits

Des lâches, dépourvus d’âme, dépourvus de cœur

Ont profité de la misère d’hommes

qui n’avaient rien demandé à personne !

Pour avoir voulu travailler

Ils se sont fait bestialement emprisonnés

Leur liberté s’est faite violée

Celle qui, dans ce monde qui part en fumée

Nous rend tous un peu conscients d’exister

Les menottes aux poignets

On leur a volé leur identité

Leur humilité, leur humanité

La liberté est fondamentale à chacun de nous

On peut la rencontrer un peu partout

C’est cet astre qui brille comme des milliers

Dans l’immensité de la Voie Lactée

Ce baiser capable de vous laisser

Une félicité au goût d’éternité

Ce livre aux pages noircies de mots

Qui nous fait voyager loin du chaos.

Sous prétexte de prôner une Europe pacifiste

Vous refusez de vous impliquer, trop égoïstes !

Le jour où la France sera dans le besoin,

Il ne faudra s’étonner que vide soit son chemin

La Libye est sur le point d’exploser

Et vous faites le décompte sur votre montre Cartier !

Jugez-moi jeune et immature,

Je suis la seule à ne pas voir votre futur

Et ces promesses qui vont en l’accompagnant

Dans vos bouches de bourgeois plein d’argent.

Jugez-moi révoltée, anti patriotique,

J’affirmerai que xénophobe est la République

Au vingt et unième siècle des hommes sont vendus

Mais ils sont étrangers, alors c’est ambigu.

Et si je prends la parole aujourd’hui,

C’est que vous creusez la tombe d’autres pays

L’Irak, le Yémen et l’Afghanistan

La Syrie, l’Israël et le Liban

Soutien n’est pas synonyme d’argent

J’ai ouvert un dictionnaire, faites-en autant

Pas besoin de leur verser le SMIC tous les mois,

Intégrez-les au monde, on en reparlera

Parce que j’ai beau aimé mon pays

Aujourd’hui j’ai honte de lui.

 

Une artiste née le 19/12/2001

 

olympics-159619_640

Ce poème a reçu le prix : Boris Vian.


 

Illustration : Alain Mazières, photographie 2017, Alen Divis « Souvenirs d’emprisonnement (paroi cellulaire de la prison) 1941 », Národní Galerie Veletrzni Palac

logo créative commons


 

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s